Exposition "Turner et ses peintres" Grand Palais 22 février - 24 mars 2010
Par D le mercredi 10 mars 2010, 22:02 - Le pinceau - Lien permanent
L'exposition se propose de mettre en perspective le travail de Turner par rapport à la tradition des maîtres qu'il interroge pour se mesurer à eux.
La visite des salles rend éclatant le goût de Turner pour la compétition,
la confrontation.
Avec qui n'a-t-il pas débattu ? On le voit affronter Claude le Lorrain qu'il
admire aussi bien que Poussin ,Titien, Rubens, Rembrandt, Teniers, Cuyp ou
Watteau aussi bien que ses contemporains Reynolds, Gainsborough, Constable
jusqu'à la peinture "Troubadour"!
De là des salles pleines de couleurs,des sujets, des manières de peindre différentes, un crépitement d'inventions, un feu d'artifice d'expressions !
Rapidement, la touche légère, la lumière dorée, la facture personnelle de Turner se précise, et la recherche d'une perspective dynamique très originale signale que Turner a été professeur de perspective à la Royal Académie!
Mais, à la différence de l'exposition "Picasso et les Maîtres" - décidément le
système fonctionne- le duel n'est pas toujours fécond, mais cet panorama
particulier de "l'histoire de la peinture" rend la visite jouissive !
Quels combats : parfois Turner perd la partie (les figures de "Enée et la Sybille" sont faibles) ou bien la lutte est inutile ("Palestrina " face au "Paysage avec Jacob, Laban et ses filles de Cl. Gellée) mais certaines transcriptions sont audacieuses (le rougeoiement à l'horizon du Déluge en hommage à celui de Poussin ).
La visite finit en apothéose avec l'expression ,enfin personnelle, de Turner
dans les dernières salles où la puissance onirique, visionnaire, proche de la
vision fantastique de Blake, apparait comme sa contribution originale.
Dans ses tableaux, la lumière incarne les recherches d'une esthétique du sublime déjà au delà de l'analyse plus cartésienne de l'Impressionnisme qui prendra d'autres voies.
Les maelströms puissants seront,dans les dernières années,la voie héroïque dont témoigne la superbe "tempête de neige" de la dernière salle de ce maître du XIXéme .
