L'exposition se propose de mettre en perspective le travail de Turner par rapport à la tradition des maîtres qu'il interroge pour se mesurer à eux.

La visite des salles rend éclatant le goût de Turner pour la compétition, la confrontation.
Avec qui n'a-t-il pas débattu ? On le voit affronter Claude le Lorrain qu'il admire aussi bien que Poussin ,Titien, Rubens, Rembrandt, Teniers, Cuyp ou Watteau aussi bien que ses contemporains Reynolds, Gainsborough, Constable jusqu'à la peinture "Troubadour"!

De là des salles pleines de couleurs,des sujets, des manières de peindre différentes, un crépitement d'inventions, un feu d'artifice d'expressions !

Rapidement,  la touche légère, la lumière dorée, la facture personnelle de Turner se précise, et la recherche d'une perspective dynamique très originale signale que Turner a été professeur de perspective à la Royal Académie! 


Mais, à la différence de l'exposition "Picasso et les Maîtres" - décidément le système fonctionne- le duel n'est pas toujours fécond, mais cet panorama particulier de "l'histoire de la peinture" rend la visite jouissive !

Quels combats : parfois Turner perd la partie (les figures de "Enée et la Sybille" sont faibles) ou bien la lutte est inutile ("Palestrina " face au "Paysage avec Jacob, Laban et ses filles de Cl. Gellée) mais certaines transcriptions sont audacieuses (le rougeoiement à l'horizon du Déluge en hommage à celui de Poussin ).


La visite finit en apothéose avec l'expression ,enfin personnelle, de Turner dans les dernières salles où la puissance onirique, visionnaire, proche de la vision fantastique de Blake, apparait comme sa contribution originale.

Dans ses tableaux, la lumière incarne les recherches d'une esthétique du sublime déjà au delà de l'analyse plus cartésienne de l'Impressionnisme qui prendra d'autres voies.

Les maelströms puissants seront,dans les dernières années,la voie héroïque dont témoigne la superbe "tempête de neige" de la dernière salle de ce maître du XIXéme .



Son travail avec la matière picturale, dans la mise en scène publique qu'il en faisait signe, par ailleurs, sa modernité.