Dans "la fabrique des images" Ph DESCOLA, professeur au Collège de France présente une exposition anthropologique. Il montre, au travers d'œuvres de tous les continents, les différentes stratégies de représentation du monde et ses figurations. Il développe sa théorie divisant en 4 sections, 4 systèmes de représentation :

- le système « animiste » dans lequel animaux et plantes ont la même intériorité que l'homme ;

- le système « naturaliste » dans lequel l'homme est distinct des autres êtres ;

- le système « totémiste » dans lequel certains hommes partagent la même essence, substance avec certains animaux ou végétaux ;

- le système « analogiste » dans lequel les occupants du monde sont tous différents mais il y a tout un réseau de correspondances entre eux (macrocosme/microcosme) ;

La démonstration est brillante et éclairante pour les sections illustrées par les œuvres du Musée. La mise en scène met en valeur les œuvres qu'elle confronte. On redécouvre d'un autre œil les œuvres du Louvre.

La part belle a été donnée aux œuvres des Aborigènes d'Australie, par rapport à d'autres cultures plus rapidement évoquées (cf Extrême-Orient) et parfois seulement à titre d'exemple. On aurait aimé un développement plus équilibré ?

Par ailleurs, l'exposition souffre de confronter sur le même plan des modes de pensée ancestraux, traditionnels, pour certains encore en vigueur et la vision dynamique de l"occident" qui incarne à lui tout seul la section "naturaliste" après avoir été détaché de la section "analogique" pour la période avant la Renaissance. C'est d'ailleurs dans cette partie que la présentation de la thèse parait moins limpide.

Enfin, le système globalisé contemporain qui a rompu avec ces stratégies figuratives et met en avant la vision "subjective" revendiquée par les artistes serait-elle une 5ème section?

 

M.H.